Palazzo Grassi
21 08 2007Un petit billet d’humeur, un propos tout personnel au retour d’un séjour à Venise principalement destiné à découvrir la biennale d’art 2007 (lien vers le site officiel.)
J’ai profité de cette ballade thématique pour aller visiter le Pallazzo Grassi, nouvel espace d’art contemporain au coeur d’un palais vénitien. Pour mémoire : ” Le Palazzo Grassi a été acquis en 2005 pour 29 millions d’euros par Francois Pinault. C’est l’ancien centre d’exposition international de Gianni Agnelli, le fondateur et président de Fiat,qui a voulu en un temps record redonner une nouvelle impulsion à ce palais historique construit au milieu du XVIIIe siècle au bord du Grand Canal.”
Ce palais regorge ‘donc de belles pièces d’art contemporain’. Le thème actuel est : “Séquence 1″

Voici ce qu’en dit Luxe-magazine :
“Un an après le majeur “Where are we going ?”, le palais vénitien a troqué le Balloon Dog de Jeff Koons, chantre incontesté du kitsch, contre le Very Hungry God de Subodh Gupta. Un crâne étincelant et colossal, singulière accumulation d’objets du quotidien en inox, se pose donc comme nouvelle icône du fief artistique de François Pinault, accueillant les visiteurs sur sa plate-forme miroitante. Car loin d’être uniquement le vague symbole d’un romantisme de carte-postale, vestige d’un classicisme à l’italienne, Venise s’est posée avec le Palazzo Grassi comme haut-lieu de l’avant-garde contemporaine. Accueillant la collection personnelle d’art moderne et contemporain du Breton de l’Année 2006 (sic), grand collectionneur devant l’éternel, le palais place haut cette année ses ambitions artistiques. Preuve que la SérénissimeNew York, Londres, Paris et Berlin.
contribue aujourd’hui très largement au petit monde de l’art contemporain, pourtant longtemps confiné aux seules capitales
Séquence 1 : A suivre…
Il y a dans le choix du titre de l’accrochage, Séquence 1, tout l’esprit de l’exposition. L’idée, d’abord, que cette première étape annonce bel et bien que d’autres suivront, ce dont doutaient peut-être tous ceux qui ont longtemps renvoyé la collection Pinault (hypothétique à l’époque) au rang de fantasme mégalomaniaque. L’idée aussi, revendiquée d’ailleurs, qu’il n’y aura guère ici fil conducteur, justifiant l’absence de thème ; s’il y avait toutefois un trait commun entre les 16 artistes, ce serait sans doute une certaine tendance à se réapproprier les techniques traditionnelles (peinture et sculpture), les renouvelant à grand renfort d’astuces et d’innovations techniques bien personnelles. On retiendra au final de l’exposition le monumental Jet Set Lady d’Urs Fischer et ses 2000 tableaux sur 11 mètres de hauteur. L’expérience sensorielle du travail de Kristin Baker, la benjamine, sur Plexiglas incurvé aux formes kaléidoscopiques, n’a pas fini également de bouleverser notre perception couleur-vitesse. Quant aux commandes du mécène, de Franz West à Anselm Reyle, elles nous réservent quelques bonnes surprises. Une chose est certaine, l’art contemporain n’est pas mort à Venise… “
Les choses sont dîtes…
Pourquoi une introduction aussi longue ? Parce que ma visite a duré 25 minutes… 25 minutes de très peu d’intérêt, voire de déception… Rarement une exposition d’art actuel m’avait aussi peu intéressé.
Pour être plus juste, j’ai été très intéressé par l’exposition, mais pour une raison plus particulière. J’ai vu ce qui correspond pour moi à la caricature, l’image d’Epinal que le béotien peut avoir en tête de l’Art Contemporain. On loue partout voir beaucoup la qualité des choix de Pinault, sa ‘vista’ d’une création contemporaine, sa connaissance fine d’un marché dont il devine les courants avant les vagues… Si ce que j’ai vu là-bas correspond aux plus belles vagues actuelles, alors je dois dire que je suis définitivement un terrien englué dans une glaise rétrograde et ignare… Presque aucune des oeuvres ne m’a touché, ému. Beaucoup m’ont fait sourire : par la caricature d’elle même. J’ai eu très souvent l’impression de visiter un show-room de Dolce&Gabana ou d’une autre marque toute aussi ancrée dans la nuance et la réserve (sic!)
« Farce de l’Or et Force de l’Art »
Tout dans ce musée parlait de cour et d’indice, de plus value, de placement, de mode…
Après avoir découvert de superbes créations dans les méandres de la biennale, venir en ce lieu m’a surtout permis de profiter d’un bel endroit… et d’une climatisation douce en ces jours surchauffés d’août à Venise…

Je finirai par une anecdote.
Ma visite s’est faite au même rythme que beaucoup de visiteurs dont un couple et son jeune enfant, une dizaine d’années. Devant le désintérêt de l’enfant, et au sortir de l’escalier pour accéder au second étage, le père dit en pointant une toile de grande taille :
“OH ! là Arthur cela va te plaire.. regarde ces couleurs !….. Non, non, pas là, pas la cage d’escaliers !”
Il est vrai que cette cage d’escaliers était très belle…


