Shoji Ueda
17 02 2008
Un article dans le dernier ‘Réponse Photo’ pour une exposition jusqu’au 28 Mars de Ueda (et Lartigue) à la Galerie Camera Obscura. Et puis, une exposition, qui vient de son musée et tourne en Europe depuis près de trois ans, à la MEP jusqu’au 30 Mars, montre aussi d’autres aspects de son travail.
Touché par nombre de ses très beaux noir et blanc, je laisse ci-dessous quelques mots sur sa vie et son travail.

Entre les deux courants esthétiques prisés au Japon au début du 20e, le pictorialisme dit “Art Photography” (très prisé dans les années vingt) et la photographie avant-gardiste dite “New Photography” (apparue dès les années trente), Ueda ne fera pas de choix. Il s’essaiera à l’un comme à l’autre, pour finir par trouver sa propre voie, unique et originale.
Né dans la province de Tottori, où un musée lui est aujourd’hui dedié, le photographe restera attaché à sa région d’origine presque toute sa vie. Dès 1939, il utilise la photographie pour développer sa propre vision des choses. Il décide alors de faire poser quatre fillettes sur le sable des dunes de Tottori et en fait une prise de vue de type panoramique. La décision de procéder à une mise en scène particulière et le choix des dunes comme décor pour son travail auront une grande importance dans son oeuvre car il ne cessera dès lors de placer minutieusement ses sujets et de se passionner pour cet espace aux allures lunaires. De cette prise de vue naîtra ainsi, après-guerre, une de ses séries les plus connues: “Le Théâtre des dunes”. Ueda fait alors poser sa famille, des connaissances ou même divers objets dans l’environnement minimal et onirique des dunes. Il joue avec beaucoup de finesse le rôle de metteur en scène et travaille minutieusement ses compositions ainsi que les perspectives. Dans une large mesure, c’est grâce à ce travail empreint d’une douceur et d’un humour très poétique que Ueda devint célèbre au Japon et ailleurs. A l’image de cette dernière série, tout le reste de son parcours est riche en découvertes, expérimentations et d’une indépendance d’esprit qui le rend si particulier aux yeux de ses compatriotes. D’ailleurs, bien qu’il ait fait partie de plusieurs photo-clubs (lieux privilégiés d’échanges et de création pendant l’entre-deux-guerres), participé à différents concours et publié ses travaux dans divers magazines, Ueda s’est peu à peu détaché de toute influence extérieure et a réussi à créer son propre univers, son propre style. Ouvert et intéressé par les nouveautés techniques et esthétiques tant en matière d’art que de photographie, Ueda peut donc tout aussi bien être assimilé à la culture japonaise qu’à la culture européenne.
l succombe à un infarctus le 4 juillet 2000.

Télérama (nombreuses photos à découvrir), Le Monde, L’Humanité en parlent.
Et puis en cherchant, farfouillant j’ai trouvé des liens..
-Liens vers des présentations de ses travaux par période (pop-up) : 1929-1940 , 1945-1951 , 1950’s , 1955-1970 , 1970-1985 , 1972-1973 et les années 80 - 90 ;
- et un lien, vers Goutte de Rosée de Shiro Sano.
Il s’agit d’un hommage au photographe. Le début et la fin sont en prise de vues réelles entre les deux une succession de photos, avec comme bande son de la musique et surtout des petits dialogues essayant de traduire les expressions des hommes et femmes qui apparaissent sur les photos. C’est une jolie ballade nostalgique. C’est un lien direct vers le site officiel Toei Animation (en japonais) qui produit ces Ganimés, poémes cinématographiques.



Excellent article et liens très intéressants qui reprennent le travail effectué par Ueda : un vrai plaisir !