[Histoire de photographie] Giuseppe Belvedere, l’homme aux oiseaux

29/12/2021

Une journée à Paris comme j’aime… 15 km de marche dit ma montre… Marcher l’appareil photo à la main, et observer, rechercher une image, une situation… j’aime ces moments de marche silencieuse et concentrée..

J’arrive près de Beaubourg, un endroit que je connais bien.. Je détaille les aménagements liés aux travaux de rénovation.. et une camionette garée.. Camionette taguée intégralement, roues crevées.. dans un sale état… Je m’approche pour essayer de voir ce que je pourrais obtenir comme image avec le musée en arrière plan.

Et là, surprise… étonnement… des “milliers” (bien moins, mais c’est l’impression !) de pigeons volent de toute part, tourbillonnent dans la rue… Et là, un homme jette à grandes poignées des graines, par kilos… les oiseaux tournoient… la camionnette est ouverte : sacs de graines, et ce qui ressemble à une habitation…

Je prends des photos… je prends du recul… un homme m’apostrophe, et nous regardons à deux, nous décrivons… Il est photographe.. Il attire mon attention sur des détails…Je partage mon ressenti… Nous sommes les seuls à nous arrêter et observer…

Je suis sans voix… Tout autour les passants passent, les voitures filent, la ville vit sa vie de ville…

Cet homme hors du monde me semble tellement le reflet de notre monde.. Un homme plié par la pauvreté, nourrissant des volatiles hors la loi de la ville… J’ai l’impression d’être dans ‘L’armée des 12 singes’, dans ‘Brazil’… Image hautement disruptive… punk…


A la fin de cette journée, la première chose que je fais en rentrant est de chercher des informations et je découvre une histoire d’humanité…

“L’HOMME-PIGEON EST UN ANARCHISTE ../.. Mais Giuseppe peut être tout sauf un fou. Son compromis avec les oiseaux vient d’un point de vue politique anarchiste plus que d’un amour inconditionnel pour les animaux ou d’une sorte d’idéal écologique ../.. Né en Calabre et émigré en France il y a 40 ans, Giuseppe me dit qu’il travaillait comme comptable, payait ses impôts et menait une vie normale jusqu’au jour où..”

Lien vers l‘article complet et les photographies de FERNANDA PERUZZO, photographe du collectif Hans Lucas

J’ai hésité à publier ces photographies.. Je m’y suis résolu à ma caondition, raconter le contexte, et surtout donner un nom et une identité à ce monsieur. Certainement une de mes plus belles rencontres photographiques.. et qui me donne envie d’écrire d’autres articles de ce type, afin de revenir sur quelques histoires de photographies…

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